Mon histoire marchait avec moi

Livre "Renaître pour ma fille" d'Axel Rivage photographié au Passage Pommeraye à Nantes, illustrant le parcours personnel de son auteur.

Ce matin, je suis parti faire des photos de mon livre.

Je voulais simplement trouver quelques beaux endroits à Nantes, jouer avec la lumière, essayer différentes mises en scène, construire peu à peu les images qui accompagneront Renaître pour ma fille.

Je ne m’attendais pas à ressentir ce qui allait suivre.

Au Jardin des Plantes, je marchais tranquillement avec mon livre à la main.

Et, tout à coup, une drôle de sensation m’a traversé.

J’avais l’impression que mon histoire marchait avec moi.

Pendant des années, cette histoire n’a existé que dans mes souvenirs, dans des dossiers, dans des courriers, dans des nuits où je cherchais à comprendre.

Puis elle est devenue un manuscrit.

Aujourd’hui, elle est devenue un livre.

Je peux la tenir dans mes mains.

La poser sur un banc.

L’emporter dans un parc.

La montrer à quelqu’un.

En marchant, j’ai compris que je ne transportais pas simplement un livre.

Je transportais une partie de ma vie.

Et, curieusement, une autre pensée m’est venue.

À partir d’aujourd’hui, je ne regarderai plus jamais un livre autobiographique de la même manière.

Lorsque je prendrai le livre d’un autre auteur entre mes mains, je penserai à tout ce qu’il a fallu vivre avant qu’il n’existe.

Les doutes.

Les blessures.

Les souvenirs.

Les années de silence.

Les réécritures.

Toutes ces choses invisibles que le lecteur ne voit pas.

Un livre n’est jamais seulement un objet.

Il est souvent un morceau de vie que quelqu’un accepte de confier aux autres.

Ce matin, au Jardin des Plantes, j’étais venu faire quelques photos.

Je suis rentré avec une émotion que je n’avais pas prévue.

Pour la première fois, j’ai eu le sentiment que mon histoire ne restait plus derrière moi.

Elle marchait avec moi.