Dans un nouvel épisode de L’Ombre invisible, je reviens sur une phrase de Géraldine Nakache affirmant que « dans 99 % des cas, les bourreaux sont des hommes ».
Je ne conteste pas la réalité massive des violences faites aux femmes. Mais je souhaite interroger cette formulation et ce qu’elle peut produire pour les hommes victimes de violences psychologiques, d’emprise ou de violences conjugales.
Les hommes victimes existent.
Ils peuvent subir l’emprise, l’humiliation, la manipulation, l’isolement ou encore la violence psychologique.
Et pourtant, beaucoup hésitent encore à parler.
Parce qu’avant même d’être entendus par les autres, ils doivent parfois réussir à se reconnaître eux-mêmes comme victimes.
Lorsque les représentations dominantes renvoient presque toujours l’image d’une femme victime et d’un homme violent, une question se pose :
comment un homme qui vit sous emprise peut-il se reconnaître dans le mot « victime » ?
Dans cet épisode, je ne cherche pas à opposer les femmes et les hommes.
Les violences faites aux femmes sont une réalité massive et documentée.
Mais une majorité statistique ne doit pas conduire à faire disparaître les autres victimes.
Parce que lorsqu’on appartient à cette minorité, elle représente 100 % de notre vie.
Rendre une violence visible ne devrait jamais nécessiter de rendre certaines victimes invisibles.
🎙️ Écouter l’épisode : Violence invisible : et les hommes victimes ?
Je continuerai à prendre la parole sur ces sujets dans L’Ombre invisible, avec une conviction simple :
La souffrance des unes n’a pas besoin de l’invisibilité des autres pour être reconnue.
À propos d’Axel Rivage Père engagé et créateur du podcast L’Ombre Invisible, Axel documente le parcours des hommes face aux violences conjugales et aux défis de la justice familiale.
À travers ses écrits et ses témoignages, il œuvre pour que le silence ne soit plus une fatalité.